MONIQUE

 

J’ai été confrontée à la réalité de la souffrance et de la mort, à l’inhumanité, et l’hypocrisie qui l’entourent, lorsque j’avais 25 ans. Ma mère était atteinte d’une maladie neuro-dégénérative et j’ai assisté à sa descente aux enfers pendant presque 4 ans, pour la voir mourir à 51 ans aux soins intensifs, intubée, attachée, en extrême souffrance physique et mentale. C’est un traumatisme dont je ne me relèverai jamais. Et ce sentiment horrible de culpabilité, de ne pas l’avoir protégée. Je vis depuis lors dans l’angoisse de la souffrance, en espérant que la maladie que j’aurai me permettra de m’organiser pour aller mourir en Suisse ou en Belgique. Au fur et à mesure que nous quittent des êtres chers ou des personnes moins proches, s’additionnent des témoignages déchirants. Tous font état d’atroces souffrances, d’inhumanité, du sentiment d’abandon et d’impuissance de la personne accompagnante, qui à son tour est traumatisée à vie. Je n’accepte pas le fait que nous ne puissions disposer librement de notre corps. Pourquoi faut-il quitter ce monde dans un état de déchéance et de souffrance ? Les personnes demandent à mourir et on les maintient inutilement en vie à des coûts faramineux. A quoi cela rime-t-il quand le corps médical sait que l’issue est fatale. Je trouve cela purement scandaleux. Pourquoi ne sommes-nous pas entendus et respectés ? Mourir d’accord ! Souffrir, pourquoi et au nom de quoi ?

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