ROBERT

 

Un témoignage que j'ai envoyé en Juin à l'ADMD dont je suis membre. Tout est véridique. 

Mon voisin, âgé de 79 ans, souffrait de problèmes cardiaques depuis de nombreuses années. Il était suivi par le CHU. Dernièrement se sont ajoutés des problèmes rénaux inquiétants qui l’auraient contraint à suivre une dialyse quasi continue, avec installation du matériel adéquat à domicile.

 

En accord avec son épouse, il a décidé de refuser ce traitement qui, de toute façon, ne pouvait que retarder de peu l’échéance. Nous en avons parlé tous les trois. Membre de l’ADMD, je lui ai conseillé de mettre par écrit sa décision de ne pas accepter ce traitement et de refuser tout acharnement thérapeutique.

 

Il a rédigé une lettre en ce sens et en a envoyé un exemplaire à l’hôpital qui le suivait et un autre à son médecin traitant (en congé à cette époque).

 

Une quinzaine de jours après, un samedi matin vers 6 heures, il fait un grave malaise. Son épouse appelle le SAMU. L’ambulance arrive au bout d’une trentaine de minutes. Son épouse avise aussitôt l’équipe de la volonté de son mari de ne pas s’acharner sur lui, conformément aux volontés qu’il a exprimées dans la lettre qu’il avait expédié quelques jours avant.

 

Ils n’en tiennent aucun compte. On le transporte dans l’ambulance. Massages cardiaques vigoureux qui entraînent des ruptures de côtes.  Le cœur semble repartir mais ne garde le rythme que quelques minutes. Le responsable médical demande le recours à une ambulance spécialisée et mieux équipée. Et la réanimation reprend avec des moyens plus adaptés.

 

On transporte mon voisin au service de réanimation. Son épouse et ses filles se rendent à ce service. Elles y rencontrent le chef de service à qui elles réitèrent les souhaits du malade, puis peuvent se rendre à son chevet.

 

Le malade est appareillé de partout ; tuyaux etc…Son visage est déformé et semble refléter une douleur qu’il ne peut exprimer qu’avec des tentatives vaines de bouger les bras et les jambes, attachés. Le cœur donne toujours des signes alarmants puis semble s’arrêter. On essaie une nouvelle fois de le faire repartir.

 

Le responsable du service a écouté son épouse et lui dit qu’on ne tentera plus rien. Mais le cœur est reparti.

 

Le malade reprend conscience et se plaint de violentes douleurs. On lui donne un médicament qui ne produit aucun effet. Il gémit puis se met à hurler. On entendait ses cris jusqu’au bout du couloir, affirme son épouse. Elle demande en vain qu’on le soulage.

 

On lui répond qu’un traitement plus fort peut lui être fatal ! Voilà la justification avancée !

 

Et le temps passe ; et le malade souffre toujours atrocement. Les médecins font la sourde oreille aux objurgations de l’épouse et des filles et les invitent fermement à partir ; on les préviendra des évènements qui pourront suivre.

 

Le matin, coup de téléphone pour aviser l’épouse du décès de son mari en fin de nuit.

 

Elle se rend à l’hôpital. Le corps de son mari est déjà à la morgue. Son visage est méconnaissable; les soins funéraires ne sont pas encore exécutés. C’était un dimanche matin et il y avait sans doute pénurie de personnel.


Voilà comment on meurt dans un des CHU les plus connus de France…

 

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