RAPHAËL

 

J'ai 46 ans et j'ai compris depuis longtemps que je n'était pas immortel.

Je considère donc que la mort n'est pas le sujet de ce débat puisqu'elle est inéluctable. Le vrai sujet de ce débat est la vie, la qualité de vie ou parfois la survie telle que chacun l'appréhende pour sa propre fin de vie.

Ma mère a 86 ans et elle est atteinte depuis 6 ans d'une démence sénile de type Alzheimer. Elle vit en EHPAD (maison de retraite médicalisée) depuis 5 ans, son état se dégrade un peu plus chaque année et j'aurais aimé pour elle qu'elle puisse indiquer son choix de fin de vie si un jour son état n'est plus compatible avec une vie digne de ce nom. Malheureusement, elle n'a pas fait de directives anticipées et une loi du type belge sur la fin de vie n'existe pas encore en France.

Anne Bert a tout expliqué calmement et de manière limpide sur la loi belge et sur sa façon de voir la vie et la fin de vie, en démontant systématiquement les arguments mensongers de certains détracteurs du type : ce serait "un génocide des vieux", une porte ouverte à la captation anticipée d'héritage ou on va euthanasier les dépressifs, transformer les soignants en bourreaux et toutes ces sortes d'âneries...

L'euthanasie est réservée aux personnes en fin de vie, atteintes de séquelles ou handicaps très lourds ou de maladie incurables et qui souffrent énormément physiquement et psychologiquement, bref des personnes à l'agonie. Le législateur est capable de mettre en place les garde-fous nécessaire pour encadrer strictement cette pratique comme c'est le cas en Belgique.

Évidement, la loi sur la fin de vie sera respectueuse des convictions de chacun et personne ne sera contraint de choisir l'euthanasie ou de la pratiquer si cela est contraire à ces principes.

Comme souvent, la France est rétrograde et en retard sur les questions sociétales.

Avec ce nouveau gouvernement, on n'entend plus parler que d'économie et de finance. La vie et la mort des citoyens français, ce serait un sujet secondaire pour l'ancien banquier d'affaire qui nous dirige... Ce n'est pas le cas pour Anne Bert, Marie Godard, moi et la grande majorité des Français qui veulent et qui obtiendront rapidement, je l'espère, une loi pour pouvoir mourir sereinement et humainement sans agoniser inutilement.

Raphaël

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