MARIE-FLORE

Marie-Flore nous donne plus de précisions sur la façon dont s'est terminée la vie de sa mère:
 
Je vous ai déjà fait part de ma situation mais j'ai préféré ne pas vous décrire la fin de vie de ma mère qui à 101 ans , en pleine conscience, suppliait le chirurgien qui avait décidé de l'opérer malgré la certitude d'un échec, de l'aider à mourir tellement ses souffrances étaient devenues insupportables. En effet, elle souffrait d'une occlusion intestinale dont les précédents médecins qui l'avaient examinée savaient que l'issue serait fatale. Pourtant la décision a été prise de l'opérer. Quelques jours après, alors qu'elle avait été transférée en soins palliatifs, les points de sutures ont lâchés et elle a à nouveau été opérée. 48 h après elle décédait dans un long râle de plusieurs heures qui résonne encore dans ma tête ... Je ne veux plus assister à cela !
C'est pour cette raison qu'aujourd'hui je le fais, car je côtoie encore quotidiennement dans l'EPHAD où j'ai été contrainte de placer ma soeur de 86 ans, lourdement handicapée et ma crainte est que son état ne se dégrade et que je sois à nouveau confrontée à un choix impossible même si sa volonté est un refus d'acharnement thérapeutique.

 

 

Lundi matin, l’annonce du départ d’Anne BERT dans “Hautetfort”, le blog de Jean-Luc ROMERO, m’a laissée KO. Le seul réconfort est qu’elle a cessé de souffrir entourée de ses proches dont j’admire  le courage dans un tel accompagnement. Toutefois son geste ne doit pas tomber dans l’oubli car nous serons là pour continuer à la faire vivre au travers de son livre et de sa lutte acharnée pour être entendue. J’essaie de me relever car “la vie continue” et aujourd’hui je suis allée “fêter” l’anniversaire de ma sœur (87 ans le 4 octobre) dans l’EHPAD où elle réside depuis 1 an, un lieu “convivial et accueillant” grâce au dévouement du personnel qui y travaille souvent au bord du Burn-out. J’en ressors comme d’habitude vidée de toute énergie. Quel est notre avenir? il faut absolument continuer à lutter !!!
Adieu MADAME ANNE BERT et merci pour votre courage.
Marie-Flore

Je milite à l'ADMD qui nous aide activement à faire avancer cette loi caduque et hypocrite.

 

J'ai accompagné ma mère de 101 ans lors de la fin de sa vie  dans des souffrances intolérables et un acharnement inadmissible et j'en suis restée traumatisée.

 

En effet, atteinte subitement d'une occlusion intestinale, les médecins qui l'avaient prise en charge ont préféré qu'elle termine "doucement" sa vie chez elle. J'ai dû faire de multiples aller-retour aux urgences où on la renvoyait chez elle. Sa souffrance n'était plus tolérable et les soins insuffisants.

 

Elle a finalement été admise dans un établissement hospitalier où elle suppliait le chirurgien qui avait décidé de l'opérer de l'aider à partir. L'opération a tout même eu lieu alors que l'échec était certain.

 

A la suite de l'intervention elle a été transférée en soins palliatifs où l'opération a dû être renouvelée. Elle était toujours consciente et en souffrance extrême car les sutures n'avait pas tenu.

 

Elle s'est éteinte deux jours après dans un râle interminable qui résonne encore dans ma tête ...

 

Récemment, j'ai été contrainte de placer ma soeur de 86 ans, lourdement handicapée, dans un EPAHD. Sa pathologie ne fera qu'empirer.

 

J'espère qu'une loi sera adoptée au plus vite car je crains de partir avant elle, tellement je suis épuisée par cette lutte, et de la laisser seule sans liberté de choix.

 

Marie-Flore 

 

 

 09. septembre 2017

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0