MERCI DU FOND DU COEUR!

Je ne peux pas espérer trouver le temps de remercier les centaines de personnes qui m'ont fait part de leurs encouragements alors je vous écris, à tous et à chacun, ce petit mot pour vous dire à quel point vous m'avez fait du bien.

 

C'est grâce à vous que je vais continuer à faire vivre cette pétition et votre rôle est d'autant plus important que j'avais vraiment pris la décision, vendredi soir, de rendre mon tablier tant j'étais découragée que mes efforts suscitent autant de jalousie et de mauvaise foi.

 

Grâce à vos messages, j'ai vu plus clair dans le rôle que je suis appelée à jouer et j'ai accepté, je l'espère, une bonne fois pour toutes, que je ne ferais pas d'omelettes sans casser d'oeufs, mais que cela était sans importance car cette pétition n'a pas été mise en ligne pour savoir si Marie Godard est aimée ou pas, mais pour savoir si les Français, comme les signataires de cette pétition en sont convaincus, veulent vraiment que soit enfin votée une vraie loi sur l'aide active à mourir. 

 

Ce n'est pas moi qui ai signé 205.000 fois cette pétition, c'est chacun d'entre vous.

 

Et sans vos signatures, nous n'irons nulle part!

 

Il faut que la démocratie en France ne fasse pas qu'une courte apparition une fois tous les cinq ans, à l'occasion de l'élection présidentielle. Ce que veulent les Français doit être pris en compte chaque jour, par ceux que NOUS AVONS ÉLUS. Peu importe qui est au pouvoir dans notre pays, ces personnes doivent comprendre que nous ne leur avons pas signé un chèque en blanc et qu'ils doivent entendre nos demandes et y répondre. 

 

Ceci étant posé, nous allons donc continuer, tous ensemble, à faire progresser cette pétition, et là je vais me répéter et vous prie de m'en excuser, jusqu'à ce qu'elle soit devenue INCONTOURNABLE.

 

Voyez un peu: si chacun d'entre vous obtient d'un seul parent ou ami qu'il signe la pétition, nous arriverons rapidement à 500.000 signataires, le chiffre magique pour que le CESE la prenne en compte, le CESE à qui j'ai écrit deux fois et qui ne m'a toujours pas répondu...

 

Vous n'imaginez pas comme il est difficile et frustrant d'écrire à des gens qui n'ont pas l'élégance d'accuser réception de nos courriers, à la limite du supportable de constater que notre combat pour le bien mourir en France a si peu d'importance que les destinataires de nos missives ne se donnent même pas la peine d'y répondre. Mais ils ne savent pas encore qui ils ont devant eux et ils n'ont pas encore mesuré l'ampleur et la force de notre détermination.

 

Certains ont répondu et je ne veux pas les oublier: Véronique Sanson et aussi  Brigitte Lahaie qui m'a fait savoir par un membre de son équipe, qu'elle avait signé la pétition, Christian Rauth et André Comte-Sponville, tous trois membres du Comité d'honneur de l'ADMD. Et je les en remercie!

 

Notre bataille est une affaire de coeur, notre coeur qui nous dit que nous n'avons pas le droit de laisser mourir les gens que l'on aime, pas plus d'ailleurs que de parfaits inconnus, de les laisser dans une souffrance qui dépasse celle que chacun d'eux peut supporter. Vous avez besoin de vous rafraîchir la mémoire sur ce à quoi peut ressembler une fin de vie à la française*? Il vous suffit de lire les témoignages de malades et de proches sur ce site et vous comprendrez de quoi je parle. 

 

Cela n'arrive pas qu'aux autres. Personne n'est à l'abri d'un AVC, d'un accident de voiture, d'un cancer incurable ou d'une maladie neurodégénérative... Nous devons nous battre comme si c'était à nous que l'on interdisait de choisir quand et comment nous allons mourir lorsque nous estimerons être arrivés au bout du chemin de notre vie. Il suffit de penser à ceux que l'on aime, de se demander si nous supporterions qu'il traversent une fin de vie comme celle que vivent des milliers de Français chaque année, faute d'une loi qui leur permette de bien mourir dans leur pays.

 

Je vous aime, tous, et vous remercie du fond du coeur de m'accompagner avec autant de chaleur.

 

Marie

 

* Je ne dis pas que tout le monde meurt mal en France, je parle de ce qui arrive fréquemment, faute de loi adaptée.

 

P.S. N'oubliez pas: Vous obtenez qu'une seule personne de votre entourage signe la pétition et nous allons rapidement arriver à 500.000 signataires. 

 

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Commentaires: 16
  • #1

    Remiat Elvis (mardi, 19 septembre 2017 16:20)

    Bonjour, de tout cœur avec toi dans ce dur combat et "merde" à tous ceux qui sont mal intentionné en essayant de te décourager.
    Je veux avoir le choix de mourir dignement, rapidement et sans trop de souffrance lorsque je n'arriverai plus à lutter contre cette maladie qui me ronge le cerveau. J'ai déjà souffert mon compte depuis 3 ans
    Moi je t'aime ! Bises

  • #2

    Belkaïd Samir (mardi, 19 septembre 2017 18:33)

    Bravo pour votre initiative, un combat lourd à porter et qui doit, j'en suis sur, déchainer les passions des uns et des autres. De tout cœur également avec vous c'est un combat juste et digne qui je l’espère fera avancer les choses. Merci et courage on est avec vous !

  • #3

    Raphaël (mardi, 19 septembre 2017 23:40)

    Bravo Marie!!! Bravo Anne Bert!!! Bravo Françoise!!! Bravo à tous!!!
    Le combat continue et manifestement, il commence à gêner certaines élites de notre belle société Française, confites dans leur certitude, leur conservatismes et leur prétention.
    A ce sujet, je viens de lire plusieurs articles superbes sur le blog d'Anne BERT, notamment l'un d'eux dans lequel elle remet à sa place l'Association de Recherche sur la SLA (dont elle reconnait la grande utilité) mais cette association déplore la médiatisation de son choix de mourir avant terme en Belgique, choix qui aurait "choqué" de nombreux malades atteints comme elle de la SLA...Cette association ne parle pas des malades qui comprennent son choix ou qui souhaiteraient faire de même...Bien sûr, voyons...ils sont en quantité négligeables!!! C'est bien connu que court-circuiter sa phase d'agonie c'est comme être privé de dessert personne ne le souhaite!!!
    Quelle honte!!! Quelle bêtise de la part de ces médecins de raconter de telles inepties et quel manque d'humanité et de respect envers le choix intime d'une personne (je dis bien d'une personne et pas simplement d'une malade sous tutelle comme ils les aime) !!! Ces médecins ou chercheurs sont imités par un mandarin expert de la SLA au CHU de Montpellier qui reprend cette mise en cause dans des termes tout aussi dédaigneux envers Anne BERT dans un article du journal LA CROIX.
    Cela donne vraiment envie d'aller se faire soigner en Belgique!!! Un pays dans lequel une autre conception des soins et de la médecine existe, dans lequel le Docteur n'a pas oublié que la mission première de la médecine est de soulager la souffrance du patient. Bien loin de l'état d'esprit du corps médical Français.
    Enfin, je vous signale que l'Australie également se bat pour obtenir une loi sur l'euthanasie et le suicide assisté. Un réalisateur Justin Kurzel partisant de l'euthanasie a filmé dans un hôpital du pays, la mort de Greg Sims, un Australien atteint d’un cancer au cerveau dans un spot intitulé "La vidéo choc pour la légalisation de l'euthanasie en Australie: parviendrez-vous à regarder l'horreur en face? ". Ce spot est déconseillé aux âmes sensibles et aux moins de 18 ans mais c'est malheureusement la cruelle réalité sur le sort qui peut advenir à toute personne en fin de vie, y compris en France.
    LE COMBAT doit continuer jusqu'à la VICTOIRE!!!

  • #4

    Marie Godard (mercredi, 20 septembre 2017 09:49)

    Raphaël,
    Je viens à l'instant de copier/coller votre commentaire sur la page "Témoignages: Opinions". Merci de nous en avoir fait part.
    Marie

  • #5

    Guilaine Ternel (dimanche, 24 septembre 2017 12:36)

    Je suis moi-même atteinte de la sla, je ne suis malheureusement pas en mesure d'écrire beaucoup ! Je partage complètement les 4 commentaires précédents. J'admire votre courage , votre pugnacité et l'intelligence et la clarté de vos propos ! C'est grace à des personnes comme vous que notre c civilisation évoluera vers un monde meilleur ! Merci du fond du coeur ! Ne lachez rien et ignorez les "langues de p...."

  • #6

    LOPEZ Christiane (dimanche, 24 septembre 2017 15:40)

    Bravo pour votre pugnacite et votre devouement.Nous
    devons nous mobiliser pour avoir la fin de vie souhaitee.
    Les lois doivent evoluer c'est a nous de le faire savoir
    afin d'obtenir satisfaction pour nous et nos familles.
    Encore merci a vous tous.Battons nous tous ensemble.

  • #7

    Le Cann Danielle (vendredi, 10 novembre 2017 18:49)

    Bravo pour votre combat, vos différentes lettres reflètent tellement ce que je pense, que je ne peux que vous féliciter pour votre démarche.
    Les médecins veulent guérir, mais ce ne sont pas eux qui souffrent, à quoi bon
    "vivre pour vivre"?

  • #8

    Jacqueline Fourel (mercredi, 15 novembre 2017 17:11)

    Bravo, Madame Marie Godard, pour v/courage et v/engagement énergique. Mais permettez-moi de vous donner mon avis -pour ce qui est de la question religieuse- en ce qui concerne les lettres envoyées, nott celle à Mme de la Tour :
    vous avez écrit : La seule autre explication que je trouve pour que vous refusiez de prendre en compte ce qui est, pour presque tous les Français, une évidence, est que vous soyez catholique pratiquante et dans ce cas, je vous dirai que vos croyances personnelles n’ont absolument rien à voir avec les lois d’un pays laïque, que tout le monde en France n’est pas croyant et que vous n’avez pas à nous faire supporter vos convictions en la matière.
    Je me permets d'ajouter à ces propos (d'ailleurs très percutants) que je suis moi-même croyante, mais que ce n'est pas au nom de la religion catholique (ou de n'importe quelle autre religion) que l'on peut demander aux malades de souffrir, comme celà était pratiqué au moyen-âge, (où il était communément admis que plus on souffrait et plus on était aimé de Dieu !) et comme Jésus-Christ l'a fait sur la croix ! Il est inadmissible qu'à notre époque, on se figure qu'un Dieu pourrait nous reprocher de n'avoir pas subi le même calvaire que le Christ.. Celà est tout simplement une croyance fausse, voire même carrément de la superstition.
    Je vous remercie de me dire si vous êtes d'accord ?
    Jacqueline Fourel

  • #9

    Marie Godard (mercredi, 15 novembre 2017 17:56)

    Je réponds ici à Jacqueline Fourel. Il y a deux façons de voir les choses.
    La première est que, parce que l'on est catholique pratiquant, on pense gagner son ciel par la souffrance. Je crois, comme vous, que cette philosophie est maintenant dépassée.

    La seconde, en revanche, a toujours cours. Je pense que de nombreuses personnes qui sont catholiques pratiquantes ne peuvent pas imaginer donner la mort, quelles qu'en soient les raisons, et même si le malade est en grande souffrance...

  • #10

    Barrière (jeudi, 11 janvier 2018 23:54)

    Par honnêteté intellectuelle, pourquoi ne faites-vous référence qu'à la loi belge de 2002 et non à ce que la loi belge est devenue 15 ans après dans les faits !
    Je joins à votre lecture un dossier fort bien fait de l'Institut européen de bioéthique: https://www.ieb-eib.org/fr/pdf/20150904-dossiers-euthanasie-et-soins-palliatifs.pdf.
    Et ce, à partir des rapports de la commission fédérale de contrôle et d'évaluation de la loi, et de l'interprétation extensive de celle-ci.
    De 3 lois belges très distinctes, en 2002, l'une sur les soins palliatifs , l'autre sur l'euthanasie, et une sur le droit des patients, on en arrive aujourd'hui à une euthanasie présentée comme « un acte complémentaire des soins palliatifs ». Aujourd'hui on ne parle plus que de soins palliatifs globaux ou intégraux. Vous savez sans doute que le débat est réel en ce moment, il questionne et divise les médecins belges.
    En 2002, l'acte euthanasique a été dépénalisé, à des conditions légales strictes, sans changer le code pénal, pour éviter la semi-clandestinité, pour protéger juridiquement le médecin, pour éviter les euthanasies non consenties, et garantir la relation de confiance malade médecin, au nom de l'autonomie .
    Et en 2018 ? la Commission se dit incapable de mesurer la clandestinité, ne contrôle que la forme sans vérifier le respect des conditions médicales, la clause de conscience initialement prévue est mise à mal, il y a eu transgression des conditions strictes (extension aux mineurs, aux personnes atteintes de démence. D'une affection grave et incurable on arrive à des "pathologies multiples" .L'exigence d'une déclaration écrite n'est plus requise. "Une évolution dramatique future" remplace la qualification de souffrance psychique insupportable et inapaisable de la loi de 2002) .
    La formation des généralistes francophones a été très vite confiée (2003) à End Of Life avec l'aide logistique de l'ADMD, qui présente évidemment l'euthanasie comme une option parfaitement valable ! Le développement des vrais soins palliatifs est freiné de fait. Pourquoi ? Cette loi est-elle vraiment le modèle qui apaisera les souffrances et les peurs ?? Non pas de celui qui les éprouvent et les éprouvera quoiqu'il advienne seul et inexorablement seul, mais celles des autres autour d'elle, soignants et proches accompagnants, et acteurs de l'acte euthanasique ? Une mort choisie délibérément impacte tous ceux à qui elle s'impose, par suicide ou euthanasie.
    L'être humain vit en lien dès sa naissance, en interaction avec les autres humains( et même avec les végétaux , les animaux). Il n'est pas libre et son autonomie est relative !

  • #11

    Barrière (vendredi, 12 janvier 2018 00:07)

    En France, nous avons une loi qui a pris en compte le désir d'autonomie en fin de vie, oblige le médecin à respecter la volonté des personnes; permet à chacun de refuser, de limiter, de suspendre, d'arrêter un traitement , oblige le médecin à soulager la souffrance, (et donc donne le droit d'être soulagé), interdit au médecin de s'obstiner à traiter inutilement, à maintenir un traitement qui n'a pour objectif que le maintien artificiel en vie mais l'oblige à soigner, toujours. Trop de médecins ignorent encore la loi, et donc ne l'appliquent pas ou mal ; trop de médecins ne savent pas soulager la douleur alors que les médecins formés à la prise en charge de la douleur, ont les moyens de le faire dans 95% des cas. Trop de ceux qui ne savent pas, n'y arrivent pas, ne leur demandent pas conseil, par manque d'humilité médicale sans doute. A nous aussi d'accompagner, de ne pas avoir peur de celui qui est malade, très âgé, qui nous dit ne plus vouloir être une charge . A nous d'effacer son ressenti d'indignité simplement, grâce à un sourire, un regard, et juste être là. Notre société ne s'en n'honorerait-elle pas ? Formons les médecins , développons les soins palliatifs et l'accompagnement. Ne boutons pas une loi qui commence à
    être seulement connue, en s'arque boutant sur notre individualisme. Pour éliminer les symptômes, faut-il vraiment ôter la vie ? Sait-on vraiment ce qui se cache derrière cette demande d'euthanasie qui doit toujours être entendue, écoutée ? Ose t-on toujours écouter dette demande ? peut-on y répondre autrement que par l'euthanasie ? ne vaut-il pas mieux non pas la maintenir en vie coûte que coûte mais la maintenir Vivante, c'est à dire l'assurer que malgré la maladie, la vieillesse elle reste un être vivant parmi les vivants. On entend souvent "Mais pourtant je me sens le même, mes souvenirs n'ont pas changé, mon histoire de vie n'a pas changé , pourquoi alors est-ce que je fais peur ? Pourquoi les autres ne me voient-ils pas comme moi je me ressens ?" Ce sont nos propres peurs qui le transforme en sujet qui fait peur, et il le ressent très bien hélas.
    Une loi fut-elle la plus complète, ne prendra jamais en compte l'humain et tout ce qui vibre d'humain, de vie, chez tout être humain. Ne pas prolonger la vie (ça n'a pas de sens , la mort est un phénomène naturel que personne ne peut empêcher d'ailleurs), l'apaiser simplement jusqu'à une mort naturelle non provoquée par la main de l'homme fut-il médecin et dans un cadre légal.
    On ne meurt plus simplement de vieillesse ! On meurt malade ! Pourquoi l'homme qui veut s'autodéterminer, choisir comment et quand mourir , recherche-t-il tous les moyens techniques, scientifiques, chimiques, possibles pour retarder, repousser le plus possible la fin de sa vie, la mort même (voire rendre l'homme immortel..) ? Quel paradoxe ! Quelle société voulons nous ?

  • #12

    Claudette Pierret (dimanche, 14 janvier 2018 11:31)

    En réponse à Barrière:

    Bonjour,

    Pour vous répondre, vous qui êtes opposé à l'euthanasie et défendeur des seuls soins palliatifs, donc opposé à ce que les malades choisissent leur fin de vie quand elle est devenue insupportable pour eux, Je vais commencer par répondre à l'une des phrases de votre commentaire : "L'homme n'est pas libre et son autonomie est relative". "Moi, je suis libre de choisir ma fin de vie quand bon me semblera et je ne donne à personne le droit de décider pour moi. Je ne peux pas être plus claire dans ma réponse. Vous pensez une chose, j'en pense une autre, votre point de vue est valable uniquement pour vous, le mien est valable uniquement pour moi. Je ne vous empêcherai pas d'aller au bout de vos souffrances ou de votre agonie si c'est votre souhait. J'aimerais que vous respectiez aussi mon choix à moi. Ceci est l'essentiel de ma réponse. Petite précision qui a toute son importance mais que vous ne relevez pas : ​ n'oublions pas, qu'après le vote dépénalisant l'euthanasie en 2002, les soins palliatifs en Belgique (milieu hospitalier ou à domicile) ont continué à bien se développer !​

    Je vais quand même revenir point par point sur vos affirmations :

    - Les médecins belges sont partagés : c'est normal qu'ils le soient, c'est le contraire qui serait suspect. Dans un pays, quand tout le monde est d'accord, ce n'est plus une démocratie, c'est une dictature.

    - Ce que vous dites sur la pratique de l'euthanasie et sur la commission de contrôle est faux et permettez-moi de vous dire que chez nous, en France, tous les actes d'euthanasie se font dans la clandestinité donc chez nous, c'est 100 % des euthanasies qui sont clandestines. Mieux qu'en Belgique ? ​ De toute façon, ce qui est supposé "clandestin" ne peut être quantifié, non ?​

    - Comment pouvez-vous affirmer sans rire que la clause de conscience est mise à mal en Belgique ? Évidemment que chaque médecin a le droit d'évoquer sa clause de conscience, il n'y a vraiment rien à ajouter sur ce sujet, rien, sauf votre mauvaise information (ou mauvaise foi ?).

    - Et il n'y a eu aucune « transgression » comme vous dites, il y a eu simplement une « évolution » de la loi, ce qui n'est pas du tout pareil. Une fois qu'une loi est votée, et elle l'a été sur l'euthanasie des mineurs, on peut l'appliquer sans parler de « transgression », mais ce sont des mots employés régulièrement par les opposants à la loi sur l'euthanasie, donc je ne suis pas étonnée que vous les employiez.

    - Pour l'instant, autant que je sache, il n'y a pas eu d'extension de la loi aux personnes atteintes de démence, sauf si elles décident de demander une aide à mourir au début de leur maladie puisqu'elles savent qu'elle évoluera inexorablement vers une fin de vie catastrophique dont elles ne veulent pas. Les critères de la loi initiale sont donc respectés : 1) demande du malade 2) atteinte d'une maladie grave et incurable entraînant des souffrances physiques ET/OU psychiques importantes.

    Et quand la grande vieillesse arrive avec son lot de « pathologies multiples » comme une cécité, une paralysie, des douleurs continues causées par la détérioration osseuse ou musculaire, notamment, ou toutes autres joyeusetés liées au grand âge, il est bien évident qu'en cas de multi pathologies, certaines​demandes peuvent être acceptées, les souffrances physiques ET psychologiques étant bien présentes.

    - La déclaration écrite : ​deux cas existent, soit la déclaration anticipée qui ne sera d'application que si le patient tombe dans le coma et là aussi le médecin ne sera pas contraint de pratiquer une euthanasie, soit la déclaration actuelle, c’est-à-dire que le patient fait la demande à son médecin, celui-ci évoquera les traitements encore possibles​, l'espérance de vie de la personne, les soins palliatifs envisageables et la décision de mourir du patient. L'un et l'autre discutent à plusieurs reprises. Si le médecin estime que la demande est la solution raisonnable, le patient confirmera sa demande par écrit et là - suivant l'espérance de vie du malade - un à deux médecins indépendants devront donner leur avis.

    - « Évolution dramatique » : le mot dramatique ne vous parle pas ? Il est évident aussi que si l'évolution est « dramatique », le malade pourra demander à être aidé à mourir, cela va de soi.

  • #13

    Claude Pierret (dimanche, 14 janvier 2018 11:33)

    Suite de ma réponse à Barrière:

    ​Si vous souhaitez plus d'informations sur la situation en Belgique, pourquoi ne pas vous renseigner directement auprès de nos amis belges ? L'IEB (Institut Européen de Bioéthique) est-il le meilleur moyen d'avoir une réponse claire et sans parti pris de ce qui se passe en Belgique ? L'IEB n'est en aucune façon une "valeur" pour parler d'euthanasie... ce sont des opposants qui racontent souvent tout et son contraire.

    Parlons de la France maintenant. Nous avons une loi qui est hypocrite car elle donne toujours le pouvoir de décision finale aux seuls médecins en leur permettant de déclarer que les volontés du malade sont « inappropriées », terme fourre-tout qui fait que n'importe quel médecin peut balayer les directives anticipées d'un malade d'un revers de la main. Et comme vous semblez vous intéresser de fort près à ce sujet, vous n'êtes pas sans le savoir. Là aussi c'est une forme d'hypocrisie que d'affirmer que la loi "OBLIGE" le médecin à respecter les volontés du malade, c'est ARCHI-FAUX !

    La loi Leonetti dont vous vantez tant les mérites ne convient ni aux médecins, ni aux malades et c'est pour cela qu'elle n'est pas appliquée, parce qu'une bonne loi, comme celle qui est en vigueur en Belgique, est tout de suite très bien acceptée par tout le monde, médecins ET malades, et j'ajouterai qu'après 16 ans d'application, personne (à part les opposants traditionnels dont vous faites partie) ne veut remettre cette loi en question, bien au contraire. Les Belges veulent que son champs d'application s'élargisse, ce qui est bien la preuve que la loi est bonne et est acceptée par tout le monde !

    Vous me faites rire avec votre accompagnement par un sourire ou par votre simple présence auprès de quelqu'un qui souffre, à croire que vous n'avez jamais accompagné quelqu'un qui souffre VRAIMENT !

    Votre discours est celui d'un opposant à une loi de liberté pour chaque individu. vous voulez que votre avis et votre volonté priment sur celles des malades, ce n'est pas de cela dont veulent les malades français, ils vous le disent tout au long des sondages qui se succèdent depuis des années. Ils veulent décider EUX-MEMES de ce que sera leur fin de vie.

    Votre discours est celui d'une personne croyante ou d'un inconditionnel des seuls soins palliatifs (souvent les deux vont de pair !) qui veut que la vie soit vécue jusqu'au bout. Vous ne vous souciez pas de savoir ce que veut l'autre, vous êtes enfermé dans vos certitudes. Vous parlez de VOUS, toujours de VOUS, de ce que VOUS ressentez, de ce que VOUS pensez et c'est justement de cela dont les malades ne veulent pas, ne veulent plus, que ce soit "VOUS" c'est à dire "les autres" qui décident à leur place !

    Vous n'avez pas le droit, par « honnêteté intellectuelle » comme vous dites, d'imposer votre volonté aux autres. Vous vous posez la question de savoir ce qu'il y a derrière une demande d'euthanasie ? Et bien je vais vous répondre simplement : "rien d’autre qu'une demande d'euthanasie", c'est aussi simple et clair que cela ! Pourquoi faudrait-il répondre à une demande d'euthanasie par quelque chose qui vous conviendrait à VOUS et pas au malade, comme un placement en soins palliatifs ? C'est quand même un peu fort de lire des choses pareilles ! Est-ce que VOUS VOUS êtes déjà remis(e) en question ? "Maintenir la vie, coûte que coûte" mais de quel droit dites-vous cela ? La religion je suppose !

    Ma conclusion sera simple : arrêtez de vouloir décider à la place des autres ! Décidez pour vous-même et laissez-nous gérer notre fin de vie comme nous l'entendons !

    Mon ton est peut-être sec, mais j'en ai assez d'entendre les mêmes propos répétés dans la bouche des opposants depuis près de 40 ans ! C'est à cause d'opposants à une loi de liberté comme vous que des malades français continuent de devoir souffrir ou de devoir s'exiler pour mieux mourir !

  • #14

    Barrière (lundi, 15 janvier 2018 20:59)

    Mes remarques ne doivent pas être aussi fausses que ça pour déclencher tant d'agressivité ! Mais c'est -vous qui parlez de débat démocratique ....Seriez vous peut-être d'accord avec le préambule de notre loi de 2016 ? « Toute personne a le droit d’avoir une fin de vie digne et accompagnée du meilleur apaisement possible de la souffrance. Les professionnels de santé mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour que ce droit soit respecté. »
    La transgression d'une loi s'appelle une dérive, et à ce titre est pénalisable; par contre la transgression éthique faisant évoluer la loi vers une nouvelle loi est autre chose , la nuance est d'importance.
    De même le droit à la vie, défini dans l'article 2 de la convention européenne des droits de l'homme, ne relève pas du religieux !! et je vous renvoie à la jurisprudence "arrêt Pretty : l'art 2 ne crée pas un droit à l'autodétermination : ce n'est pas un droit de choisir la mort plutôt que la vie. Là encore, pour débattre il faut parler le même langage , le débat éthique se place sur le terrain de la spiritualité et non du religieux. Oui la liberté est un des droits fondamentaux de l'homme, mais l'homme est en lien avec les autres , depuis sa naissance , et c'est encore plus vrai avec l'euthanasie et le suicide assisté. Notre société en a d'autant plus conscience qu'on crée des moyens autour du suicide "sos suicide etc..". Le suicide , un acte de liberté ? mais si douloureux tant il impacte l'entourage.
    Oui les soins palliatifs sont à développer pour plus d'humanité et de solidarité . Comme vous, la souffrance des autres m'est intolérable, comme vous je souhaite que les médecins soient tellement mieux formés à la prise en charge de la douleur inacceptable quand on sait qu'elle peut-être prise en charge dans 95% des cas. Il faut faire savoir que lorsqu'une personne bénéficie de soins palliatifs , lorsque ses besoins individuels sont écoutés, entendus et toujours pris en soin, alors elle est apaisée, ainsi que ses proches,qui en témoignent d'ailleurs , la demande euthanasique est quasi inexistante ! Cela ne veut pas dire prolonger la vie, absolument pas , la mort est un processus naturel sinon ça n'a pas de sens, et là on est bien d'accord. La réflexion actuelle tant aux Pays-Bas que chez Exit alémanique d'étendre cette "aide à mourir" aux seniors las de la vie, non atteints de maladie mais qui estiment leur vie "achevée", les transgressions, et les évolutions de la loi , sont des éléments pour ne pas croire au populisme ambiant qui consiste à assurer que ce ne serait "qu'à des conditions strictes" . Il suffit de se replonger dans le contexte d'avant 2002 et 2002 en Belgique pour comprendre ...
    L'exemple ambiant est suffisant pour me faire préférer un indispensable et juste développement des soins palliatifs qui en 35 ans, n'ont été facteurs ni de transgressions, ni de dérives...

  • #15

    PIERRET Claudette (jeudi, 18 janvier 2018 10:57)

    Je ne suis pas agressive, je suis en colère contre des personnes comme vous, les voleurs de liberté des autres et oui, j'en ai assez de vous entendre tous raconter des mensonges comme ceux que vous colportez sur la pratique de l'aide à mourir en Belgique ! Je vous ai répondu point par point sur ce qui est faux dans votre commentaire.
    Et ce que vous dites est faux une nouvelle fois. C'est faux de dire qu'en soins palliatifs, il n'y a plus de demandes d'euthanasie, on ne les écoute pas, ce n'est pas pareil ! en Belgique, il y a une passerelle entre les unités de soins palliatifs et les demandes d'euthanasie et un malade placé dans ce service peut toujours demander une aide à mourir et il sera entendu dans sa demande contrairement à ce qui se passe en France ! Lisez le livre de Philippe Bataille "à la vie, à la mort" il a passé plusieurs mois dans une de ces unités et serez édifié(e) sur ce qui s'y passe !
    De toute façon, la question n'est pas là ! la question, c'est le droit que l'on doit donner à chaque citoyen de décider de sa fin de vie pour lui-même sans être obligé de passer par un suicide violent qui traumatisera bien plus l'entourage (là je suis d'accord avec vous) qu'une mort douce au fond de son lit entouré(e) par l'amour des siens. Et je suis toujours d'accord avec vous pour que les unités de soins palliatifs soient plus développées parce que nous en avons grand besoin pour tous ceux qui acceptent d'y aller et n'y trouvent pas de places, mais là aussi, la Belgique est bien plus en avance que nous parce que les soins palliatifs se sont développés en même temps qu'était votée la loi sur l'euthanasie. Les deux sont complémentaires.
    Dans votre commentaire, vous parlez de 95 % des malades qui sont soulagés dans leurs souffrances, ce chiffre est faux parce qu'il y en a bien plus que cela qui ne le sont pas, mais admettons même que vous ayez raison, il reste quand même 5 % des malades qui souffrent sans pouvoir être soulagés de leurs souffrances, et s'il n'en resterait qu'un seul ce serait déjà un de trop ! Et tout le meilleur accompagnement autour du malade n'y changera rien !
    Et c'est vous qui avez parlé de "transgression" dans votre commentaire, pas moi, moi, moi, je vous ai dit que c'était une "évolution" et c'est bien la différence que je vous ai expliquée.
    Vous êtes un(e) opposant(e) à l'euthanasie et rien, ni personne ne vous fera changer d'avis, je pense que je perds mon temps à vous répondre, mais si je le fais, ce n'est pas pour vous convaincre, c'est pour que ceux qui nous lisent sachent que ce que vous annoncez comme des dérives dans les pays où l'euthanasie est dépénalisée ou légalisée est FAUX et que tous les habitants de ces pays ne voudraient surtout pas revenir en arrière. Bien au contraire, ils protègent cette loi de liberté qui leur est offerte, une loi qui les rassure d'abord parce que souvent, les malades acceptent de subir un nouveau traitement parce qu'ils savent que s'ils ne le supportent plus ou s'ils ne supportent plus leurs souffrances, ils pourront demander à être aidés à mourir et ça, c'est une assurance qui les rend plus forts et plus combattifs devant la maladie.
    Je ne compte plus le nombre de malades qui se bousculent aux portes de la Belgique pour espérer avoir le droit d'aller y mourir mieux qu'en France. Et quand ils obtiennent ce droit, la plupart d'entre-eux me disent qu'ils sont "Heureux" oui, le terme est fort, oui, au début il m'a interpelé aussi mais oui, j'ai compris combien ils étaient soulagés d'avoir eu cet accord d'une mort douce que la France leur a refusée!
    Vous tous qui lisez les commentaires publiés sur ce site, je peux vous assurer sur le fait que la mort choisie en Belgique est une mort douce, sereine, vécue par le malade et par son entourage comme un soulagement. Les médecins Belges qui accompagnent le malade et son entourage dans ce dernier soin sont des médecins tout simplement humains. Ils ont compris que la médecine avait ses limites et ils acceptent de considérer que la mort fait partie de la vie, que ce n'est pas un échec quand ils ne peuvent sauver leurs malades et que le dernier soin qu'ils peuvent encore leur apporter, c'est ce soin ultime fait par compassion avec celui ou celle qui souffre. C'est le devoir de tout bon médecin d'aider un malade qui le demande à mourir sans l'obliger à attendre les toutes dernières heures de sa vie dans l'agonie, un moment qui est douloureux pour tout le monde, malades et proches parce que d'autres en ont décidé autrement !
    Plus de 90 % de la population française réclame une loi comme celle qui existe au Benelux et plus nous seront nombreux à la réclamer, à témoigner, à signer des pétitions, à descendre dans la rue s'il le faut, plus nous aurons de chance d'obtenir cette loi qui ne sera jamais une loi d'obligation mais une loi de liberté sur le choix de sa propre mort !

  • #16

    VISSIERE-LAPORTERIE Claude (samedi, 14 avril 2018 17:59)

    Bonjour Marie , je tiens à vous remercier de tout mon coeur, mon esprit et mes forces pour les actions menées . J'ai lu votre comparatif sur les points principaux entre la loi belge et les propositions Fallorni et Touraine : merci aussi pour cela car PRECIEUX !
    Pour tous vos courriels aux députés ,renouvelés aux 500 qui n'ont pas répondu .Vous n'avez obtenu de réponse que de ceux qui sont pour le libre choix citoyen de sa mort .
    Dans les années passées j'avais aussi écrit aux députés ,puis sénateurs de mes 2 circonscriptions ,puisque nous passons ,mon époux et moi,retraités, 6 mois à Bordeaux et 6 mois à Soulac sur Mer et n'ai reçu que les réponses favorables . Etre opposé ne nécessite donc pas de l'exprimer ,de l'argumenter ... c'est plus simple et beaucoup moins prise de temps d'ignorer ,peut-être même mépriser ces courriers en n'y répondant pas ...
    Le 12/04 dernier j'ai adressé un courriel aux 2 députés LREM concernés par mes 2 domiciles ,Mme Catherine Fabre , 2ème circonscription de Bordeaux et M. Benoît Simian , 5ème circonscription de Gironde (Médoc) ... A suivre ...
    Bien entendu ,j'ai signé votre pétition ainsi que celle de Mme de Bernardi (je doute de l'exactitude de ma mémoire !) avec joie et espoir et l'ai transférée à tous mes contacts .Je fais bien sûr partie de votre association comme déjà de l'ADMD et d'Ultime Liberté .
    Encore merci car le combat continue .
    Bien cordialement
    Claude V.L