CLAUDE

 

Pourquoi je souhaite que soit votée une loi permettant à chacun de choisir le moment de sa mort dans la dignité.

J’ai 75 ans.

Je pratique toujours mes sports, spéléologie et randonnée.

J’ai une vie sociale active. J’ai des responsabilité dans 3 associations, et suis un simple adhérent de trois autres.

Je continue à me cultiver et à transmettre mes connaissances chaque fois que possible.

J’ai donné (ou plutôt acheté le droit de donner) mon corps à la science en 1995.

J’ai également rempli le document des directives de fin de vie. Mais ces directives ne sont applicables que si je suis déjà en fin de vie, dans des conditions de déchéance physique et intellectuelle  que je refuse d’assumer.

Bien entendu je souhaite continuer à bien vivre le plus longtemps possible.

Mais je pense qu’obliger les gens à continuer à vivre  quand qu’ils sentent décliner leurs capacités physiques et intellectuelles alors qu’ils souhaitent mettre fin à une vie bien remplie pour éviter de devenir une charge pour la société et leur famille est un acte de barbarie. 

Où est le respect de la liberté de chacun ?

Le jour où je déciderai que ma vie devient une souffrance, qu’elle soit physique ou morale, je voudrai pouvoir mettre fin à ma vie dans des conditions qui respectent ma dignité et mes volontés.

Certes, je pourrais choisir un suicide violent, les moyens ne manquent pas. Mais alors, mon corps ne sera plus accepté par la faculté, et non seulement j’aurai  perdu « mon investissement »:-), mais de plus, ma famille devra assumer les frais causés par mon décès.

Quant à aller en Suisse ou en Belgique, même si les voyages forment la jeunesse, ces voyages risquent d’amputer sérieusement mon héritage qui ne sera déjà pas bien gros. 

Je demande donc que toutes les personnes âgées qui le demandent puissent être aidées dans leur choix de fin de vie.

Elles ne sont plus des adolescents mal dans leur peau ou des adultes suicidaires qu’on peut soigner!

La vision morale selon laquelle la mort est pire que la souffrance n’est pas la mienne, et le fait que d’autres puissent me l’imposer est tout simplement inadmissible.

La mort est la conséquence naturelle de la vie, la souffrance ne l’est pas. La mort est inévitable, la souffrance ne l’est pas. Alors, laissez nous choisir une mort digne le jour où nous le souhaitons.

Merci.

 

Et si cet appel à la fraternité ne suffit pas à convaincre, alors pensez aux économies que la société fera en acceptant ce choix !

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