BERNARD

 

J'ai pris connaissance des propos de M Devalois quelques heures avant d'apprendre qu'Anne Bert nous avait quittés.
Je ne sais comment qualifier les propos de M. Devalois: cynisme, mauvaise foi, ignorance, mépris, cruauté... Comment peut-on expliquer autrement le comportement de M. Devalois qui pour défendre ses convictions en soit venu à nier celles de l'autre au point d'agresser verbalement et de blesser une femme en fin de vie dans ce qui est le plus intime: sa mort?

J'ai du mal à imaginer que ce monsieur est médecin responsable d'un centre de soins palliatifs et qu'il mette en avant cette situation pour tenir de tels propos. Je ne sais si ce monsieur sait ce qu'est la compassion, le remord ou le regret. Il est probablement trop convaincu que ses convictions et ses certitudes sont des vérités universelles et doivent s'imposer aux autres.

C'est une constante que l'on retrouve chez une grande majorité d'opposants à l'aide à mourir: imposer ses convictions aux autres alors que les défenseurs de l'aide à mourir ne veulent rien imposer mais simplement laisser à chacun la liberté de choisir les modalités de sa mort lorsqu'on se retrouve en phase terminale d'une maladie incurable.
Avec un cynisme cruel il affirme que l'on a toujours la liberté de se suicider lorsque l'on est atteint d'une maladie incurable. Si je lis entre ses lignes, je comprends que ceux qui demandent une assistance seraient, selon ce monsieur, des lâches qui n'auraient pas le courage de se suicider!

 

De quelle liberté parle-t-il? Celle de se suicider d'une manière violente (puisque la loi française interdit l'usage de substances médicales) comme de se jeter sous un train où du haut d'un immeuble, de s'asphyxier au gaz (avec le risque de tuer d'autres personnes!), de se taillader les veines...Est-ce cela qu'il appelle liberté? Est-ce la seule alternative que la société française doit offrir à ceux qui refusent de vivre leur mort en agonisant conscients ou non? Est-il sérieux?
Ce que nous demandons est justement que chaque citoyen atteint d'une maladie incurable ait une véritable liberté de choix entre l'accès aux soins palliatifs avec, s'il le souhaite, une sédation profonde, et l'accès à une aide active et non violente à mourir sans avoir à devoir partir à l'étranger ou à entrer dans l'illégalité en France en risquant d'entraîner ses proches ou son médecin devant les tribunaux.
J'imagine que ce monsieur ne s'est jamais retrouvé devant un être cher qu'il aime plus que tout en phase terminale d'une maladie incurable qui le supplie de l'aider à mourir. Moi si, et ça me donne un droit que ce monsieur n'a pas, celui de parler en connaissance de cause.

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