CHARLES

Je ne suis pas surpris par cette tribune elle aurait pu être écrite par Molière dans une de ses pièces ou publiée dans le Mercure François. Trop de médecins sont tellement imbus de leur statut social qu'ils en oublient qu'ils soignent des êtres humains vivants & pensants, souffrant selon leurs propres critères & non pas selon une échelle pré-établie d'après une moyenne calculée sur une masse.

Sauf exception, la Médecine est sourde à l'expression des malades (le terme de patient m'est insupportable car il implique la soumission à la décision de celui qui sait pendant que celui qui souffre n'a rien d'autre de mieux à faire que d'attendre), qui ne sont dans ce commerce, qu'est de fait la médecine, que des clients.

Ils ont généralement une vue théorique de la souffrance & des besoins du souffrant (que dire des "consultations" à venir par internet annoncées & déjà prises en charges par certaines mutuelles?). Jusqu'à ce que les rôles s'inversent & que le médecin, devenu malade, se rende compte du fossé entre lui & son "confrère" traitant & compatissant (souvenir d'un médecin médiatisé qui écrivit son "expérience" hospitalière après une admission d'urgence pour un infarctus & les mauvaises surprises qu'il y a découvertes).

Je n'ai que rarement rencontré des médecins qui m'ont traité en individu. Mes déménagements & le hasard ou les "conseils" de connaissances locales m'ont fait vivre le meilleur & le presque pire. Aujourd'hui le bilan est plutôt positif peut être parce que j'exprime plus fermement mes souffrances & mes demandes & qu'à 67 ans je suis devenu, avec l'expérience de ma vie, un "patient" bien moins patient (tout en étant le plus respectueux possible de ceux que j'ai face à moi).

Le docteur Devalois présente son interprétation de l'euthanasie ainsi "En fait, la seule demande à laquelle ne répond pas le dispositif français est la mise en œuvre par un médecin de son éventuelle décision de se suicider sans y procéder elle-même.".

Oui Mr Devalois, le médecin se doit d'accompagner le souffrant quel qu'il soit, quoi qu'il ait. Pas de lui dicter sa propre morale mais de l'écouter, l'aider, le soutenir & quand il arrive à la limite de ses capacités professionnelles, humaines, philosophiques ou morales de reconnaitre ses propres limites & de "passer la main" à un ou des confrères qui continueront la travail déjà entamé. Mais il est vrai que le risque est de perdre un "client" & le chiffre d'affaire allant avec.

La Médecine, & son environnement immédiat, a été & reste un commerce à côté duquel les pompes funèbres semblent être une industrie de bricoleurs, les 2 travaillant sur une "clientèle" captive, sauf que les pompes funèbres agissent rarement 2 fois sur le même cas.

Enfin & pour parler éthique, le soldat blessé que vos "confrères" militaires rafistolent afin qu'il reparte au plus vite au casse pipe, lui demande-t-on s'il veut vraiment y retourner ou s'il ne préfèrerais pas rentrer chez lui tranquille panser ses plaies & laisser à d'autres le choix de se faire étriper ou pas? La médecine militaire est bien exercée par des médecins? Comme vous? Ce sont bien vos confrères? & pas un mot de votre part à propos de cette mascarade "médicale" mais un réquisitoire sur un problème de société sur un cas particulier celui de Madame Bert!

Bravo Docteur pour votre Humanisme....

 

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