JOËLLE

Contrairement à ce que peuvent penser certaines personnes, lorsque l'on souffre dans sa chair, lorsque cette souffrance est inéluctable, qu'elle ne finira jamais sauf à devenir un zombi assommé par les drogues... On souffre aussi dans sa tête qui vient nous rappeler ce que nous avons été, comment nous vivions, ces merveilleux ou moins merveilleux souvenirs qui ont jalonné notre vie... On fait souffrir nos proches, ces êtres tant aimés qui ne savent plus ni comment être, ni comment faire, ni quoi dire. Bref, quand on vit cela il faut énormément de courage et de dignité pour faire ce choix terrible de mourir dignement. Certes, à la clé de ce choix il y a l'aide, ô combien précieuse d'un praticien qui va faire le geste nécessaire à ce départ en "douceur". Ce praticien commet - il un crime ? Cela me rappelle les combats menés pour obtenir le droit à l'avortement et les débats qui ont secoué la communauté médicale. 
Il y aurait beaucoup à dire sur l'accompagnement médical dans les structures hospitalières fussent - elles palliatives. 43 années professionnelles en établissement public de santé m'ont convaincue qu'il fallait sérieusement enrichir les études médicales sur la mort et ses conséquences dans une famille. 
Cette "douceur" mortellement triste c'est la garantie de ne pas offrir à ceux que l'on aime ces heures, minutes, secondes épouvantables que sont les derniers moments d'une agonie. 
Madame Bert, recevez tout mon soutien pour votre combat. Je ne suis qu'un être humain qui, le jour venu s'il doit venir, espère pouvoir trouver en moi le courage de faire la même chose.

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