BERNARD

« Oui, il aurait souhaité qu’on l’aide à partir.»
En 1976, mon père fait une chute en glissant sur la neige, sans aucune conséquence traumatique. Quelque temps plus tard, une simple raideur se manifeste dans une jambe, sans jamais disparaître.

 

Quelques années plus tard, cette raideur atteint la deuxième jambe, puis une difficulté beaucoup plus importante dans la marche. Le médecin traitant préconise une ponction lombaire. Verdict : Une sclérose en plaques ; plusieurs traitements, mais hélas rien qui ne soit efficace, jusqu’à la paralysie totale des membres inférieurs.
Son état étant devenu très lourd, il ne m’était plus possible d’assurer les soins moi-même. A son grand désespoir, un placement fut décidé. La maladie progressa très rapidement, son corps étaIt détruit. Mais il était pleinement conscient de tout. Jamais ses facultés n’ont été détruites.

 

Plusieurs fois il m’a demandé de l’aider à partir. Pour moi, il était impossible d’accomplir ce geste. Un jour il m’a dit : « Si je prends une bouteille de whisky avec des médicaments, tout sera réglé ». Ma réponse a été : «  Et si cela loupe, tu te retrouves allongé définitivement sur un lit. Allongé, imagine un peu les conséquences ! »

 

Dans une conversation, il me dit : « Dommage que la fenêtre soit fixée, car je trouveraiS la force d’enjamber et de me jeter dans le vide ». Il était au 3e étage.

 

…Lorsque je suis arrivé le matin à 7H15 pour le voir, il venait juste de partir …La fin d’une souffrance …

 

Oui, il aurait souhaité qu’on l’aide à partir ; cette dépendance était pour lui une épreuve horrible.

 

Moi-même, je ne souhaite pas vivre une telle situation, et s’il le faut, je me rendrai dans un pays qui nous aide à partir.

 

 

Bernard 

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0