Aureline

Je suis atteinte de maladie mentale. Je suis diagnostiquée bipolaire, psychotique et dépressive à de forts pourcentages. je souffre tous les jours, ma maladie est incurable et je sais que je ne m'en sortirai pas. J'ai essayé toutes les thérapies possibles, analytique, yungienne, E.D.R., A.M.O. je prends des médicaments mais là, je suis a bout de force.

 

C’est le problème avec la maladie mentale, elle nous bloque, nous fait souffrir mais ne s’arrête jamais.Elles ne sont pas reconnues comme ayant une issue fatale et pourtant la fatalité est bien là, mais ne se voit pas. Lorsqu’on sait qu’on va passer le reste de sa vie à souffrir, seule, sans remède, c’est une issue fatale. C’est un vrai problème que la maladie mentale n’entre pas dans les cases des maladies incurables et avec une issue fatale, parce que c’en est une.

 

J’ai tout essayé et ce n’est pas un manque de volonté.

 

D’après l’article IV de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1789, " la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits."

 

Je pense qu’a partir du moment où quelqu’un exprime le besoin d’arrêter de souffrir, de manière claire et de manière constante, il a le droit d’être aidé.

 

J’ai bien compris que votre combat se situe au niveau de la  loi, mais je trouvais important que mon point de vue, qui est le résultat d’une réflexion due a mon état de santé, soit entendu. Je ne vois pas pourquoi quelqu’un qui a un cancer aurait plus le droit d’être aidé que quelqu’un qui a une maladie mentale. Je pense que c’est un jugement de valeur qui n’a pas lieu d’être. C’est parce qu’il n’y a pas de signes extérieurs ? Qui sait ce que chacun vit en lui ? Tout le monde n’a-t-il pas le droit de mourir dans la dignité ?? Ça ouvrirait peut-être une porte au niveau juridique, c’est sûr.

 

Et je me rends bien compte que ma réflexion est extrémiste. Mais je sais que je ne vais pas pouvoir continuer comme ça et je ne trouve aucune aide.

 

Je suis bloquée.

 

 

A cause des lois.

 

J'ai déjà entamé des démarches, j'ai plusieurs demandes auprès de psychiatres pour qu'ils m'estiment en possession de mon intellect et capable de décider de ce qui est bon pour moi. J'ai déjà pris des informations auprès de DIGNITAS pour savoir ce qu'il faut faire.

 

Pour l'instant je suis dans l'attente de cette expertise psychiatrique. A la fin du mois de mars, je disposerai d'un peut plus de 10.000€.

 

Personne n'ai au courant de mon souhait de mourir. Enfin, pas d'un passage a l'acte.Tout le monde sait que je vais mal et personne ne peut m'aider. J'ai préparé mon testament et j'ai écrit des lettres qui seront envoyées après mon décès. Tout est prêt. Je pensais faire appel à DIGNITAS mais je crois qu'il faut des documents difficiles a obtenir pour quelqu'un qui vient de l'étranger.

 

Pratiquez-vous le suicide assisté?

 

J’espère que je vais trouver de l'aide, je suis vraiment démunie et à bout de force. 

 

Notre réponse:

 

J'ai lu votre message qui m'a beaucoup touchée. Ce que vous vivez doit être terrible même si je ne peux sans doute pas imaginer à quel point.

 

Malheureusement, notre association n'a aucune compétence ni connaissance pour aider les gens à mourir. Notre seule vocation est de nous battre au nom de nos membres pour qu'une loi sur l'aide active à mourir soit votée. Mais même si cette loi existait, votre problème de santé, aussi sérieux soit-il, n'entrerait sans doute pas dans le cadre de ce que permettrait la loi, car pour être euthanasié ou pour obtenir une aide au suicide, sur la base d'une loi qui ressemble à la loi belge, il faut être atteint d'une maladie grave et incurable dont l'issue est fatale et prévisible, ce qui n'est pas votre cas.

 

Je suis désolée de ne pas pouvoir vous aider...

 

 

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